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VI. La médication mercurielle spécifique fait disparaitre les mani- festations extérieures et réduit l'évolution de la période condyloma- teuse à deux ou trois années.
VII. La guérison complète de la syphilis exige un traitement réi- téré pendant les deux ou trois premières années de la maladie,
VIII. La réinfection syphilitique peut être classée parmi les faits rares et exceptionnels.
Après toutes ces constatations, nous voici bien loin de la concep- tion que s'étaient faite, au commencement du siècle, les représentants de la science. Ils pensaient que la syphilis se transmet seulement au moyen de l'ulcère primitif pendant sa courte apparition. Nous savons aujourd'hui que la syphilis est contagieuse pendant plusieurs années, au cours de toute la longue périodo de l'évolution condylomateuse. Que le malade ait ou n'ait pas des manifestations actives, il est établi que son sang sert de véhicule au virus et communique l'infection; on sait aussi que les nombreuses syphilides qui attaquent la peau et les muqueuses pendant la période secondaire ont la même propriété. Il est donc clair que la manière d'envisager la nature, Févolution et la contagion de la syphilis a complètement changé depuis l'époque où les règlements ont été institués.
Jetons maintenant un coup d'œil sur le rapport qui existe entre les mesures sanitaires qui sont à la base de la réglementation actuelle et l'état présent de la syphiligraphie.
La réglementation actuelle a pour but :
1° De soumettre toutes les femmes publiques à la visite médicale, périodique et obligatoire. Suivant les pays, la périodicité de la visite varic: une fois par mois, une fois par quinzaino, une fois par semaine, deux fois par semaine.
2o D'envoyer sur-de-champ à l'hôpital, pour qu'elle soit soumise au traitement ordinaire, toute feume aticinte de la syphilis, par quoi on entend toute femme qui présente des manifestations apparentes de la maladie. Après la disparition des symptômes extérieurs, la femme revient à son métier, munie d'un certificat par lequel l'administration certifie qu'elle est saine. On lui donne la même attestation si à la visite on n'a trouvé sur elle aucune manifestation active que l'œil du médecin puisse constater.
Voilà le fond même du système !
On peut pressentir déjà. d'après ce que je viens de dire, qu'il y a désaccord entre les mesures prises et la théorie même de la syphilis. Mais avant de faire toucher du doigt cette contradiction, qu'on me permetto d'attirer l'attention sur Fétat sanitaire dans lequel se trouve la prostitution elle-même.
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Le fonctionnement de la police sanitaire a eu pour résultat de créer une classe particulière de personnes, les prostituées inscrites.
D'exacts travaux statistiques, dont les bases ont été posées par le Dr Sperck dans son remarquable travail sur « la syphilis dans la population féminine de Saint-Pétersbourg », nous fournissent les notions suivantes sur la santé de cette classe spéciale de personnes : 1° On trouve toujours, dans les rangs de la prostitution inscrite, de quarante à cinquante pour cent de feromes syphilitiques à la période condylomateuse.
2 Toutes ces femmes fonctionnent avec la garantie que donne la formule « saine : a) pendant les périodes latentes de la maladie ; bj dès que la récidive est arrivée à son terme; e) au début de la récidive.
3o Toutes les femmes saines qui entrent dans les rangs de la pros- titution inscrite deviennent très vite syphilitiques, et dans tous les cas, après un délai maximum de deux à trois années.
4o Un tel état de choses ne saurait être l'effet du hasard; il appa- rait comme la conséquence inévitable du système.
Si maintenant, nous comparons d'une part les découvertes modernes sur la contagiosité de la syphilis et d'autre part la façon dont l'admi- nistration envisage l'état sanitaire des prostituées inscrites, nous voyons que la réglementation se trouve en pleine contradiction avec la science. D'abord la science ue reconnaît point du tout un syphili- tique comme sain dès que les manifestations extérieures de la maladie ont disparu. Elle exige au contraire, avant de lui donner une pareille qualification, qu'il ait été soumis à une médication efficace, qu'un temps assez long se soit écoulé, deux, trois et même quatre années depuis le début de la maladie, et que, dans tous les cas, le dernier phénomène condylomateus ait disparu depuis deux ans au moins. C'est alors seulement qu'on peut déclarer le malade guéri, et seale- ment alors qu'on peut lui permettre de so marier. Le règlement, lui, se contente d'envoyer pour quelque temps la prostituée malade à l'hôpital. Là, au moyen d'un traitement de courte durée, d'un ou deux mois, on fait disparaître les symptômes extérieurs, après quoi la police sanitaire garantit la syphilitique comme sainc pour les rap- ports sexuels.
Il me sera sans doute permis de demander quelle raison peut bien avoir le règlement pour prescrire des mesures sanitaires qui se trou- vent en contradiction si évidente avec les constatations les plus incontestées de la science. Comment se fait-il qu'un syphilitique ou qu'une syphilitique à la période condylomatense risque de transmet- tre sa maladie à l'individu sain quand les rapports sexuels sont con-
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